L’hypnose en question (2/2)

L’Hypnose pour qui ? Pour quoi ?

hypnose

 

Datant des années 1990 et développée surtout depuis les années 2000, l’hypnose européenne créée par Jean-Luc Tourenne se veut la synthèse entre les deux formes d’hypnoses précédentes: l’hypnose traditionnelle pour l’efficacité de l’accès à l’inconscient et l’hypnose Ericksonienne pour l’efficacité de traitement des problèmes de fond. En gros, il s’agit d’utiliser les forces de chacune, sans les lacunes.

D’autres formes peuvent être recensées, comme l’hypnose humaniste, la nouvelle hypnose ou encore l’hypnose Lancasterienne, mais ces intitulés correspondent davantage à des champs d’applications des techniques de l’hypnose (ou carrément à des marques déposées de formateurs en hypnose), qu’à des techniques nouvelles.

 

L’hypnose peut être pratiquée face à un professionnel mais elle peut également être pratiquée par soi-même; c’est ce que l’on nomme l’auto-hypnose qui, comme son nom l’indique, a pour objectif de s’induire soi-même dans un état hypnotique, permettant de se détendre, de travailler sur son esprit ou sur son corps. L’auto-hypnose n’implique généralement pas un endormissement profond. Elle est un état de détente que certains pratiquent peut-être déjà sans le savoir, par exemple avec de la méditation ou une activité qui détend profondément et permet de « se vider le cerveau ». L’état hypnotique atteint permet de se débarrasser de certaines pensées parasites pour s’approcher plus près de ses émotions. Il est possible ensuite de stimuler son esprit, avec des pensées positives ou réconfortantes. Les personnes qui ont des phobies peuvent par exemple s’entraîner à visualiser des images qui les aideront à ne pas paniquer dans les situations de crise.

Auréolé d’un certain mystère, alimenté par l’hypnose de spectacle dont l’objectif est d’impressionner, l’hypnose thérapeutique évoque à tort le pouvoir occulte de celui qui l’utilise. Il en découle beaucoup de craintes infondées, de préjugés voire d’idées fausses. Parmi les plus courantes, on peut évoquer: la crainte d’être manipulé, de perdre le contrôle, de ne plus être soi-même, voire même de devenir « inconscient » ! Or, en aucun cas le praticien ne peut contrôler l’esprit de qui que ce soit. Tout d’abord la déontologie lui interdit de suggérer un changement non souhaité par son patient. Par ailleurs, même lors d’une hypnose très profonde, le conscient entend toujours la voix de l’hypthérapeute, même si elle lui semble « lointaine » ou qu’il a l’impression de ne plus l’entendre. Il est donc libre de se « réveiller » à tout moment ou de faire abstraction d’une suggestion qui ne lui conviendrait pas. Enfin, l’inconscient assure toujours son rôle de protection du conscient, il n’accepte donc aucune suggestion allant à l’encontre des intérêts, de la morale ou des valeurs du patient. Pour la même raison, il est impossible de révéler des secrets à son insu. Tout au long du processus hypnotique, le patient garde son libre-arbitre et peut y mettre un terme à tout moment.

Et puisque nous en sommes à tordre le cou aux idées reçues, il convient de préciser que, s’agissant d’un état naturel, tout le monde est hypnotisable. Simplement, nos résistances ne sont pas les mêmes et certaines personnes rentrent en hypnose plus ou moins rapidement. A partir de 7 ans environ, un enfant est susceptible d’être hypnotisé. La seule condition est que le désir de changement vienne de lui. Il en va naturellement de même pour l’adulte. Le seul impératif en hypnothérapie, pour obtenir les effets escomptés, est qu’il s’agisse d’une démarche volontaire, non-guidée par une tierce personne (conjoint, enfant…), aussi bien intentionnée soit-elle. L’entourage, justement, parlons-en: un frère qui change et retrouve le goût de vivre, une amie qui recommande son psy… Dans 32 % des cas, les coordonnées d’un professionnel de la psyché sont fournies par un proche. On pourrait donc penser que les intimes sont favorables à l’entrée en thérapie. Pourtant, l’entourage se sent souvent remis en cause. « Mais tu m’as, moi !» est une phrase qu’une personne qui annonce son intention d’être soutenue par un professionnel peut entendre à maintes reprises. Même cachée, cette résistance des proches peut empêcher l’entrée en thérapie: « J’ai peur de voir se disloquer mon couple, de peiner mes parents…» On croit que la psychothérapie éloigne de ceux qu’on aime. Pourtant, se remettre en cause, soigner sa relation à soi-même, c’est toujours préparer de meilleurs liens avec les autres.

Une fois la décision prise, comment trouver le « bon » hypnothérapeute ? Un diplôme universitaire, des formations et une charte éthique encadrent cette pratique en France. Il est possible de consulter la liste des soignants ayant validé leur formation sur le site de la Confédération francophone d’hypnose et de thérapies brèves (CFHTB) (http://www.cfhtb.org/), qui regroupe quelque 3 000 professionnels. On trouve également des coordonnées d’hypnothérapeutes sur le site de l’Institut Milton-Erickson (http://www.hypnose-ericksonienne.com/sinformer/lhypnose/). En cas de doute, il ne faut pas hésiter à consulter le site de la Miviludes qui « observe et analyse le phénomène sectaire, coordonne l’action préventive et répressive des pouvoirs publics à l’encontre des dérives sectaires, et informe le public sur les risques et les dangers auxquels il est exposé » (http://www.miviludes.gouv.fr). Il faut bien en convenir, dans ce domaine comme dans tant d’autres, l’intégrité et l’honnêteté ne sont malheureusement pas toujours de mise.

Cette précaution prise, le seul critère réellement déterminant pour choisir « son » hypnothérapeute est de se sentir à l’aise, capable d’établir un lien de confiance avec ce professionnel. C’est pourquoi il est important, pour lui comme pour le patient, de pouvoir lui poser des questions lors de la prise de contact préalable à un premier rendez-vous. Pour que cela « fonctionne », il faut envisager les séances sous l’angle d’une collaboration active car, en définitive, le choix du patient de se laisser guider est aussi important que la compétence du thérapeute. « Est-ce que l’hypnothérapeute a su me mettre à l’aise ? », « A-t-il ou a-t-elle été à l’écoute de mes besoins, interrogations? », « Est-ce que j’ai envie d’entamer une relation thérapeutique avec cette personne? » sont des questions qu’on peut légitimement se poser. Au final, notre jugement sera nécessairement le meilleur conseiller pour nous-mêmes.

L’hypnothérapie est une thérapie brève (10 séances d’hypnose au maximum, la moyenne constatée allant de 3 à 5 séances), orientée « solution » (on cherche la solution sans s’appesantir sur le problème ou le traumatisme) utilisant l’hypnose afin de permettre un changement rapide, efficace et durable. Une séance d’hypnothérapie dure en moyenne (entretien avec le praticien et hypnose) une heure. Elle est généralement plus longue concernant la première séance qui est indispensable pour déterminer l’objectif à atteindre. Dans le cadre d’une thérapie, pour arrêter de fumer par exemple, le thérapeute demande tout d’abord au patient de bien expliquer son problème et ce qu’il attend de l’hypnose. Il lui demande ensuite de raconter des souvenirs agréables, des lieux où il aime se rendre, de lister des domaines où il se sent compétent… Le thérapeute commence alors réellement la séance et utilise un processus, « l’induction », afin de permettre à son patient de progressivement lâcher prise et de rentrer dans un état hypnotique. L’induction permet de sélectionner, puis d’éliminer certaines habitudes et comportements indésirables et de les remplacer par d’autres. À partir des informations recueillies lors de l’entretien préalable, le thérapeute entame un récit inspiré de l’univers du patient. Il parle d’une voix douce, posée et monocorde. Il répète de façons différentes les mêmes suggestions pour qu’un déclic se produise dans l’esprit du patient. Il l’aide à créer de nouvelles associations d’idées comme, par exemple toujours dans le cadre d’un arrêt du tabac, la sensation de liberté qu’il éprouve sur un bateau et la libération de ne plus être dépendant de la cigarette.

Nombreux sont ceux qui ne font pas de différence entre l’état d’hypnose et l’état d’éveil. Certains peuvent ressentir une légère détente, d’autres ont l’impression de somnoler. Par contre, la plupart des hypnotisés constatent par la suite un changement inexplicable dans leurs comportements habituels. Il importe peu que vous soyez « éveillé » ou « endormi » pendant une séance d’hypnose. C’est seulement l’opinion de votre mental qui n’a pas vraiment les moyens de juger de votre état d’hypnose et qui peut « penser » que vous vous êtes endormi alors que vous avez tout simplement bénéficié d’un état de détente profonde.

Aucune séance d’hypnose ne « guérit ». Chaque séance participe aux suivantes pour amener vers la résolution du problème qui a amené à consulter. Généralement, après la première séance les changements sont imperceptibles. Néanmoins, le travail de l’inconscient est réel et les premiers « effets » sont souvent perçus de manière consciente dès la seconde séance.

L’intervalle entre chaque séance est variable, pouvant aller de 10 jours à 3 semaines, avec un maximum constaté de 6 semaines.

Une fois l’objectif atteint, le changement est durable, tant qu’il est conforme aux valeurs du patient et adapté à ses besoins. En d’autres termes, il dure toute une vie, s’il est bénéfique pour vous.

Personnellement, j’ai arrêté de fumer grâce au soutien de l’hypnose. C’était il y a un peu plus d’un an et je n’ai aucune intention, pas même l’envie, de replonger dans cette addiction.

Les tarifs d’une séance sont variables d’un thérapeute à  l’autre, mais généralement ils oscillent de 40 à 70 € la séance en province et de 50 à 80 € à Paris. N’hésitez pas à en consulter plusieurs par téléphone et à demander ces informations avant de prendre rendez-vous. En général les consultations de médecins psychiatres et médecins toutes spécialités sont remboursées en partie par la sécurité sociale et complétées par la mutuelle comme pour une consultation classique. Certaines mutuelles remboursent également en partie les consultations auprès des psychologues.

C.V
Pour aller plus loin : on peut se référer à l’article sur Wikipedia qui est très bien documenté (http://fr.wikipedia.org/wiki/Hypnose). Mais aussi : http://www.hypnose.fr/ et http://therapies-complementaires.com/ et http://www.aep-hypnose.com/accueil.html (Association Européenne des Praticiens d’Hypnose) ou encore http://www.formation-hypnose.com/

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