L’hypnose en question (1/2)

L’Hypnose pour qui ? Pour quoi ?

hypnose

 

On parle à nouveau beaucoup de l’hypnose en France ces dernières années, et pas seulement dans les salles de spectacle. Depuis les anesthésistes qui recourent à l’« hypnosédation » pour soulager l’anxiété et la perception de la douleur jusqu’aux psychothérapeutes qui font appel à l’hypnose pour soigner les phobies, les addictions et les névroses obsessionnelles, le champ des applications de l’hypnose est large !

 

L’hypnose médicale repose sur une dissociation du corps et de l’esprit capable de procurer au patient à la fois une analgésie (c’est-à-dire une absence de douleur) et un apaisement comparable à celui obtenu par l’utilisation de sédatifs lors des gestes opératoires. En tant que moyen d’atténuer la perception de la douleur et l’anxiété, l’hypnosédation peut être proposée dans certains cas (opérations ou examens) en alternative ou en complément de l’anesthésie chimique. Elle permet au patient comme au praticien de mieux appréhender et gérer l’anxiété, la douleur, le confort général, y compris en atténuant les effets secondaires de traitements médicamenteux lourds. Plus rarement, l’hypnose peut également être proposée dans le cadre de la préparation à l’accouchement ou d’aide à la rééducation. Il est important de souligner que l’hypnose n’est pas une technique médicale ayant pour but de soigner. Elle constitue uniquement une méthode pour agir sur une douleur temporaire ou chronique.

Pour soigner notre psyché, modifier un comportement, supprimer un symptôme, les psychothérapeutes utilisent eux aussi l’hypnose dans de nombreux contextes. Notre pensée travaille sur deux niveaux: le conscient et l’inconscient. Nous prenons des décisions, pensons et agissons avec notre esprit conscient, mais notre inconscient contrôle nos habitudes. En complément d’un suivi psychologique, l’hypnose en tant que technique d’action sur les mécanismes de l’inconscient, est particulièrement efficace pour la gestion des émotions, du sommeil ou du stress. Le dépassement des angoisses, des peurs, des phobies, de la timidité ou des limites mentales (blocages) fait partie des applications les plus courantes. L’hypnose est également utilisée pour venir à bout des dépendances (tabac, alcool, drogues), des compulsions diverses (TOC) et des troubles de l’alimentation (anorexie, boulimie). Elle est d’une grande aide pour les personnes traversant une phase dépressive, de deuil ou de toute autre difficulté de la vie (traumatisme, choc psychologique important). Enfin, dans le cadre d’une thérapie familiale, l’hypnose peut aider à dénouer des difficultés relationnelles avec une efficacité connue et reconnue.

Dans le domaine du coaching et du développement personnel, l’hypnose offre la possibilité d’un voyage au centre de soi qui conduit vers le changement et apporte les clés pour avancer de manière constructive. Elle permet d’agir sur les capacités par son action sur la confiance en soi, mais aussi sur la volonté, l’augmentation de l’énergie et de la motivation, la maîtrise de soi, la résolution de conflits intérieurs, l’écoute de son intuition, le développement de la créativité. La prise de parole en public, l’efficacité en gestion humaine et la gestion de projet découlent de ce travail sur les ressources inconscientes.

Plus surprenant, l’hypnose peut également être utilisée dans le cadre d’enquêtes, afin de permettre à un témoin de revoir une scène et d’apporter la lumière sur une affaire.

Enfin, le domaine de l’apprentissage est sans doute celui qui se développe le plus aujourd’hui par le travail sur la mémoire, la concentration ou la rapidité d’apprentissage ou plus largement la création de nouveaux comportements.

Quand on parle d’hypnose, de quoi parle-t-on au juste ? L’hypnose se définit par un état modifié de la conscience (E.M.C) différent de celui produit par la relaxation ou la méditation: l’esprit est relâché mais la conscience n’est pas la même. En réalité, il s’agit d’un état naturel que nous avons déjà tous vécus sans savoir qu’il s’agit d’hypnose : chaque fois que nous sommes un peu « ailleurs », dans la lune, perdus dans nos pensées ou au contraire totalement absorbés par une histoire, un film, au point d’oublier l’état émotionnel dans lequel nous étions avant de nous y « plonger », bref dès lors que l’esprit s’évade alors que le corps reste présent, comme « oublié » dans une autre dimension, nous sommes en état hypnotique. C’est ainsi qu’il est possible de s’adresser à une personne en état d’hypnose et de lui faire effectuer certaines tâches; c’est cet aspect du processus hypnotique qui est exploité par les gens du spectacle. Cependant, contrairement à une idée répandue selon laquelle l’hypnose est une forme d’inconscience ressemblant au sommeil, des recherches récentes suggèrent que les sujets hypnotisés sont pleinement éveillés et qu’ils focalisent leur attention.

Sachant que la plupart des troubles et dysfonctionnements sont des signaux, des messages que notre inconscient nous envoie afin de nous faire prendre conscience de l’existence d’un problème, le fait d’établir par l’hypnose une réelle communication entre le conscient et l’inconscient permet, du fait du lâcher prise qu’elle induit, un travail thérapeutique profond car les résistances sont considérablement réduites. En effet, quand une personne ne trouve pas de solution à une problématique, c’est qu’elle a selon toute vraisemblance utilisé toutes ses ressources conscientes; il convient donc d’activer ses ressources inconscientes.

Plusieurs courants, qui ne considèrent pas l’hypnose de la même manière, s’opposent. On distingue principalement: l’hypnose traditionnelle ou directive qui est sans doute la plus connue. C’est l’hypnose la plus spectaculaire qui consiste à induire l’état hypnotique de manière autoritaire (« Maintenant, vous dormez ! ») afin de permettre à l’hypnotiseur de diriger le sujet et la séance. Elle a pour avantage d’obtenir des changements immédiats mais de courte durée et ne va pas forcément au fond des choses.
Raison pour laquelle l’hypnose ericksonienne lui est très généralement préférée par les hypnothérapeutes. Fondée dans les années 1950 par Milton Erickson, celle-ci se caractérise au contraire par une approche souple et non dirigiste. Elle a pour but d’amener conscient et inconscient à travailler ensemble pour déclencher les transformations utiles à la résolution du problème. Cette technique permet à chacun de mobiliser ses ressources intérieures et de développer des potentialités susceptibles de conduire aux changements désirés. Elle a pour objectif de ne pas s’intéresser aux symptômes ou à une maladie, mais à la personne. Elle s’appuie sur la suggestion indirecte et les métaphores. La programmation neuro-linguistique (ou PNL) et les thérapies familiales, en sont d’ailleurs des dérivés. Le travail se faisant sur les causes, les résultats sont beaucoup plus durables que pour l’hypnose directive.

 

C.V

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