La communication intuitive avec les animaux

communication intuitiveDepuis le 28 janvier 2015, l’animal est mentionné dans le Code civil non plus comme un « bien meuble » mais en tant qu’« être vivant doué de sensibilité ». Cette reconnaissance fait clairement écho à la nouvelle attention portée au « vivant » par les scientifiques et les intellectuels, mais aussi par l’Homme en général qui est visiblement de plus en plus conscient de son interdépendance avec la Nature.

La prise de conscience écologique, les études en biologie, en anthropologie et en éthologie de ces dernières années, ont permis à un plus grand nombre de s’écarter de la vision anthropocentrée du monde qui dominait jusque-là ; l’être humain est de plus en plus conscient de l’interdépendance qui le lie au reste de la nature. En d’autres termes, si l’animal est menacé, l’Homme l’est également. La prise de conscience de notre vulnérabilité, découle de ce constat. L’Homme se soucie davantage aujourd’hui de protéger la vie en général, qu’elle soit humaine, animale ou même végétale.

Dans ce contexte, une sensibilité accrue au « vivant » résonne comme une évidence, sinon une nécessité ; on ne protège bien que ce que l’on connaît bien. Partant du principe fondamental que les animaux ne sont pas différents de nous, qu’ils ont une intelligence et une vision qui leur sont propres, qu’ils éprouvent des sentiments et des sensations telles que la joie ou la douleur, bref que sont des êtres vivants sensibles, il devient possible de s’ouvrir au fait que l’on peut rentrer en communication avec eux afin de mieux les comprendre ou les « soigner », mais aussi qu’il est possible pour eux de communiquer avec nous. Il ne s’agit pas ici d’une démarche anthropomorphique mais de passer outre ses préjugés, voire ses blocages, afin d’accepter qu’il s’agisse d’une écoute mutuelle.

La communication intuitive avec les animaux induit l’idée qu’il est possible pour l’homme, en utilisant des techniques proches de l’hypnose, de communiquer de manière télépathique avec un animal, y compris décédé. Derrière cette démarche, se cachent un ensemble de compétences « techniques » (maîtrise des procédures télépathiques bien sûr, développement de son intuition, connaissance des besoins physiques et psychiques fondamentaux de l’animal afin d’éviter toute erreur grossière d’interprétation du message reçu) mais aussi, dans le cas d’un animal dit « de compagnie », empathiques voire psychologiques puisque derrière chaque animal se trouve son compagnon humain qui a lui aussi des attentes, des angoisses, des sentiments…

Mais au-delà de tout, communiquer avec les animaux c’est renouer avec sa nature profonde, cheminer vers sa spiritualité.

Une histoire récente

Popularisée en Californie à la fin des années 70 avec la publication d’« Animal Talk » de Penelope Smith, la communication intuitive avec les animaux fait rapidement l’objet d’un engouement aux Etats-Unis puis en Europe. Première interprète animalière (animal communicator) officielle, Penelope Smith affirme pouvoir communiquer de manière télépathique avec tous les animaux, être apte à les soigner par ce procédé et soutient que sa technique est à la portée de tous. Les nombreux témoignages de propriétaires d’animaux convaincus rendent Penelope Smith très populaire.

D’abord peu nombreux, le nombre d’interprètes animaliers professionnels explose dans les années 90. Les stages dont la finalité est d’apprendre les techniques de la télépathie avec les animaux connaissent un grand succès. A côté des pionniers américains Carole Gurney, Marta Williams, Teresa Wagner ou encore Jeri Ryan pour ne citer qu’eux, de nouvelles références dans le domaine émergent d’Europe : Laila Del Monte, professionnelle internationalement reconnue en communication animale dont les stages connaissent un succès jamais démenti ; l’allemande Ulrike Dietmann, spécialisée dans la communication intuitive avec les chevaux ; la vétérinaire Anna Evans, qui voit dans cette « possibilité de communiquer et de rencontrer le monde animal » une occasion unique d’améliorer le bien-être des animaux.

Telle qu’elle est enseignée dans le cadre de ces stages, la communication intuitive est souvent proche dans son concept et ses idées d’un néo-chamanisme écologique et du New Age, faisant intervenir l’animal-totem ou encore le Reiki. Et c’est peut-être cette approche universaliste qui la rend aussi populaire d’un continent à l’autre. Ce n’est donc pas un hasard si des émissions de télévision, de plus en plus nombreuses, sont consacrées à ce sujet souvent controversé : aux Etats-Unis, l’émission The Pet Psychic, diffusée sur Animal Planet contribue efficacement à la popularisation de la communication intuitive ; en France, Arte diffuse en 2001 un documentaire sur les tentatives de l’homme pour communiquer avec les animaux, dans lequel interviennent des biologistes et scientifiques reconnus comme Jane Goodall et Boris Cyrulnik, mais aussi Pénélope Smith ; en 2009, TF1 diffuse dans le cadre de son émission « La soirée de l’étrange », un reportage consacré à l’interprète animalière Ariane Troubat et à son travail auprès de la jument de la cavalière professionnelle Constance Menard ; en 2010, dans le cadre de ses « Enquêtes extraordinaires », M6 diffuse le reportage, « Ils parlent aux animaux ! », consacré notamment au travail d’Anna Evans, Laila Del Monte et Marta Williams ; en 2014, France 5 diffuse le documentaire « Dans la peau des animaux », qui présente le travail de Laila Del Monte.

Une aptitude naturelle

Vous est-il déjà arrivé de vous dire « tiens, si j’allais promener le chien ? » et de voir ce dernier venir vers vous en remuant la queue de joie et d’excitation, alors que vous n’avez esquissé aucun geste pouvant le conduire à comprendre votre intention ? Avez- déjà observé votre animal se lever brusquement et aller à la porte pour accueillir un conjoint ou un enfant, souvent quelques minutes avant leur arrivée et ce même en cas d’heure inhabituelle de retour ? Avez-vous vu ou entendu parler d’un animal qui « hurle à la mort » au moment même où leur maître est en train de quitter ce monde ? Vous est-il déjà arrivé, juste avant un rendez-vous chez le vétérinaire, de chercher frénétiquement votre chat qui s’est caché depuis des heures ? Avez-vous vu ou entendu parler d’un animal qui devient littéralement fou au moment précis où sa maîtresse est en train d’accoucher ? Avez-vous déjà entendu un perroquet « deviner » et répéter les pensées de son maître ? Tous ceux qui vivent avec des animaux ont pu observer, régulièrement ou de manière plus ponctuelle, au moins un de ces comportements…

A la différence des êtres humains, les animaux ne sont conditionnés ni par la culture, ni par le langage verbal. Autrement dit, contrairement à nous, ils ne perdent pas leurs facultés télépathiques innées. S’ils ne sont pas tous égaux dans leur capacité à communiquer et s’ils ne communiquent pas avec un langage verbal complexe, la communication animale n’en est pas moins élaborée pour autant. Les animaux ont généralement plusieurs niveaux de communication : le langage corporel (tel que les postures pour signifier la soumission au terme d’un combat, par exemple), mais aussi l’expression vocale (plus ou moins modulée), la communication intraspécifique (qui leur permet de communiquer avec des individus d’une même espèce qu’eux), la communication interspécifique (qui leur permet d’établir une communication avec les membres d’espèces différentes) et la « communication universelle » : la télépathie.

On a longtemps pensé que c’étaient les capacités sensorielles des animaux (odorat, ouïe, notion du temps plus affinés que les nôtres, perception des vibrations…) qui leur permettaient de « pressentir » des événements. Mais des expériences scientifiques menées entre autres durant plus de 5 ans par le biochimiste et auteur parapsychologue anglais Rupert Sheldrake, sur plusieurs centaines de chiens, chats et leurs maitres, ont démontré que l’animal réagissait à l’intention de son compagnon humain. Ce qui accrédite naturellement la thèse de l’existence de ce que Penelope Smith a appelé la « Communication Télépathique ». Comme il l’explique dans son livre « Les pouvoirs inexpliqués des animaux », la faculté à communiquer télépathiquement serait naturelle chez tous les êtres vivants, au moins inconsciemment. Ses travaux, qui rejoignent à la fois les enseignements des grandes sagesses spirituelles et les découvertes récentes de la physique Quantique, tendent à démontrer que tout ce qui existe dans l’univers est relié dans un grand Champ d’Energie universel ; ce qu’il a appelé les « champs morphiques », liens invisibles qui relient inconsciemment les êtres humains et les animaux, rendant la communication intuitive possible entre eux. Par nos pensées, nos émotions, nos intentions, nous serions continuellement en interaction avec ce champ, et donc avec tous les êtres. Et plus le lien affectif et émotionnel est fort, plus les possibilités d’échanges télépathiques sont élevées. L’amour semble donc être, ici encore, un facteur-clé…

De nombreuses expériences scientifiques ont par ailleurs démontré que la télépathie repose sur la capacité qu’un cerveau humain peut développer pour entrer en communication avec un autre être vivant. Ces fréquences sont produites par les pensées et les émotions. Lorsque nous rêvons, notre cerveau travaille sur une certaine fréquence analogue aux ondes hertziennes d’une radio qui nous permet de recevoir des informations sous forme d’images, de sons, d’odeurs, de sensations… Etablir une relation télépathique avec l’animal revient à demander volontairement à notre cerveau de se mettre sur une fréquence du même type, puis d’entrer en contact avec l’animal concerné. Autrement dit, on se « branche » sur un même canal.

Partant de ces différents postulats, il devient aisé d’admettre que nous possédons tous potentiellement la faculté de communiquer intuitivement avec tous les êtres : humains, animaux, plantes… Mal reconnue dans nos sociétés, cette capacité naturelle se perdrait néanmoins rapidement avec l’acquisition du langage.

Le langage des perceptions

Quel que soit le nom qu’on lui attribue, « communication intuitive » pour Anna Evans, de « cœur à cœur » ou encore « d’esprit à esprit » pour Leila Del Monte, la communication avec les animaux est une communication non-verbale, de nature télépathique, qui permet d’envoyer et de recevoir des messages sous forme de mots, d’images, d’émotions ou encore de sensations physiques. Une communication télépathique efficace et cohérente permettra de comprendre au mieux ce que l’animal souhaite communiquer concernant ses désirs, ses besoins, ses comportements ou encore ses pathologies. Elle permet également de lui envoyer des messages afin de le préparer, par exemple, à l’arrivée d’un nouveau membre de la famille, à un déménagement ou à une intervention médicale.

La pratique de la communication intuitive ne nécessite aucun talent particulier, sinon une volonté d’échanger avec respect et une compréhension du mode de vie de l’animal. Dans tous les cas, cet échange demandera sans doute beaucoup plus d’efforts et de persévérance du côté de l’être humain qui doit réapprendre à communiquer de manière intuitive, que du côté de l’animal qui est naturellement télépathe. Il existe néanmoins des méthodes et des techniques pour apprendre à communiquer intuitivement avec les animaux, compagnons familiers ou bêtes sauvages.

Selon les spécialistes de la communication intuitive, les animaux ont la même panoplie d’émotions et de pensées que nous, et ressentent physiquement et émotionnellement toutes sortes de sentiments très variés comme l’amour, l’amitié, la joie, le dévouement, la loyauté, l’entraide, la patience, la compassion, l’accompagnement, la souffrance, la tristesse, la peine, le chagrin, la peur, la jalousie, la colère, l’énervement… La seule différence résiderait dans le fait qu’ils n’ont pas de conscience créatrice. La télépathie peut se faire sous forme de pensées, d’images, d’émotions, ou de sensations, que l’émetteur évoque en lui-même et que le récepteur perçoit à son tour, là encore sous la forme d’images, d’émotions, de sensations… ou encore d’intuitions, c’est-à-dire une connaissance directe et immédiate, sans processus de pensée ou de réflexion préalable (par exemple, vous êtes au bureau et vous ressentez brusquement que votre enfant a un problème… et vous apprenez par la suite que juste à ce moment-là, il se faisait prendre à partie par des grands dans la cour de récréation !). Les mots transmis ne sont que la traduction des images et des sensations que les animaux nous envoient en bloc: c’est le langage des perceptions.

Après avoir « enquêté » auprès d’animaux en souffrance (élevages, laboratoires, refuges, cirques, zoo), la communicatrice animalière et auteur américaine Marta Williams rapporte leurs propos concernant les hommes: amour inconditionnel, même dans la souffrance, ils ne jugent pas, mais constatent et déplorent les maux des humains et la destruction de notre environnement. Un chien battu évoque aussi l’amour qu’il a pour son maître et explique qu’il accepte d’endurer cette violence car c’est par cette expression que son maitre « se fait du bien »…

Voilà qui éclaire d’un jour nouveau la nature de cet « être vivant doué de sensibilité ». Dans son livre « La connexion perdue: retrouver la communication intuitive avec les animaux et la nature », Marta Williams écrit d’ailleurs: « Lorsque nous faisons l’expérience de la communication intuitive avec les animaux, la façon dont nous percevons l’univers se transforme… Il est impossible alors de revenir en arrière et de penser que les animaux sont des êtres inférieurs ou bornés. » Connaître et savoir décoder tous les niveaux de langage de l’animal, y compris télépathique, permet en effet d’accéder à un niveau de communication avec lui totalement inédit dans nos cultures; cette connaissance permet non seulement de découvrir l’animal sous un jour nouveau, d’en apprendre beaucoup sur son intelligence, sa sensibilité, sa vie intérieure… mais elle permet également à l’homme de redéfinir sa place au sein de la nature.

 Des applications très pratiques

Les personnes qui font appel à la communication intuitive le font d’ailleurs le plus souvent pour des problèmes de comportement souvent liés à une incompréhension entre les deux espèces qui ne parlent pas le même langage. Et c’est bien là l’objectif de la communication intuitive avec les animaux : trouver une harmonie au sein d’une relation de coopération qui se dégage du schéma dominé-dominant afin de permettre des changements de comportement et, finalement, permettre au binôme homme-animal de s’épanouir. Un animal « bien dans sa tête », c’est également un animal qui est préparé à tous les types de changements qui peuvent intervenir dans son quotidien… jusqu’à la fin de vie. Là encore, la communication intuitive permet une approche « pédagogique » de soutien, voire de guidance.

Pour ce qui concerne les problèmes de santé, la communication intuitive s’avère également une aide non négligeable en tant qu’outil de compréhension. Faire évacuer par la parole ce qui pèse à l’animal suffit la plupart du temps à provoquer une décontraction du corps et des énergies plus ou moins bloquées dans le cas de maladies chroniques ou de problèmes locomoteurs liés à de mauvaises cicatrisations suite à une opération ou à une blessure par exemple. Une fois les tensions dénouées, l’animal est alors en mesure d’expliquer calmement l’origine de sa douleur et d’en indiquer la localisation exacte. Inversement, la communication intuitive permet à l’homme de donner du sens à une intervention médicale (telle que la castration) et, ce faisant, non seulement d’en dédramatiser l’impact, mais également d’en faciliter la cicatrisation.

Et parfois, les applications pratiques de la communication intuitive sont tout autres : elle peut permettre de déterminer où se trouve un animal qui a fugué, aider au sevrage en demandant à la mère si c’est le « bon moment », gérer les conflits au sein d’un groupe en sont quelques exemples…

Les trois étapes d’une communication intuitive réussie

Les méthodes et techniques enseignées dans le cadre des stages de formation dédiés à la communication intuitive avec les animaux peuvent varier d’un enseignement à l’autre, mais certains éléments fondamentaux sont toujours présents. La communication intuitive se déroule en trois phases : la préparation, l’émission du message et la réception du message suivie de son interprétation.

Première étape : préparer la connexion avec l’animal

Entrer en contact avec un animal implique, de la part de la personne qui cherche à établir une communication intuitive avec lui, un grand lâcher-prise de son mental ; une sorte d’état « méditatif empathique » consistant à se détendre, à se centrer intérieurement, à faire autant que possible le vide dans sa tête et à ouvrir son cœur pour aborder l’expérience de la communication intuitive avec calme et confiance. Pour cela, tous les moyens sont bons : écouter une musique de fond douce ou encore utiliser une affirmation positive (« Mon corps se relaxe, mon esprit se calme et mon cœur s’ouvre à la présence et aux messages de [nom de l’animal] »). Beaucoup préfèreront une technique de méditation basée sur la respiration pour se relaxer rapidement le corps et l’esprit ; prendre le temps de respirer à fond, tranquillement, permettra par ailleurs à la personne qui souhaite établir une connexion avec un animal de se mettre en relation, indépendamment de ses croyances, avec la partie la plus spirituelle de sa personnalité.

Dans l’absolu, il est possible de communiquer aussi bien avec un animal sauvage qu’avec un animal habitué à la présence humaine, avec un animal vivant qu’avec un animal décédé (éventualité que nous ne développerons pas ici). Certaines personnes préfèrent communiquer avec un animal en sa présence, d’autres se concentrent plus facilement lorsqu’elles travaillent à distance, aidées d’une photo de l’animal le plus souvent. Il n’y a pas de différence en matière de possibilités et d’efficacité. En revanche, le choix de l’une ou de l’autre de ces techniques induit une méthode de travail nécessairement très différente ; dans le cas d’un travail en présence de l’animal, il convient de tenir compte du fait qu’une trop grande proximité physique avec lui peut provoquer une inquiétude non souhaitable.

Seconde étape : émettre un message à destination de l’animal

Quoique différent, l’animal doit être perçu par la personne qui cherche à établir une communication avec lui, comme un être spirituel, doué d’intelligence et ayant une sensibilité qui lui est propre. A ce titre, il est important, avant de le solliciter, de s’assurer de la coopération de l’animal. Certains seront heureux qu’on se mette en rapport avec eux et entameront le « dialogue » très rapidement, tandis que d’autres seront plus réservés (par timidité, peur ou incompréhension) et auront besoin de davantage de temps, et que d’autres enfin resteront fermés à toute tentative de communication. Observer l’animal (ses « signaux » non verbaux tels qu’un mouvement de détente, un bâillement, une oreille tendue…) tout en étant à l’écoute de son ressenti intérieur permettra d’établir si l’animal est disponible et réceptif. Une fois le contact pris, il devient possible de communiquer télépathiquement avec l’animal sous différents modes : sous forme de pensées, en lui posant une question (par exemple « où as-tu mal ? ») qu’il traduira en images, en sensations ou en sentiments ; ou sous forme d’images, en lui envoyant une représentation mentale claire de ce que l’on souhaite lui demander (par exemple en lui envoyant l’image d’un bol vide qu’on lui demande de remplir avec sa nourriture préférée) ; ou bien sous forme de sensations et de sentiments, en évoquant en soi-même avec amour et empathie une pensée chargée en affect à destination de l’animal ( par exemple une pensée rassurante : « ça va bien se passer »). Dans tous les cas, pour faciliter la communication et éviter les erreurs d’interprétation, les questions doivent être formulées simplement et précisément. La communication doit sembler naturelle, amicale et fluide, sans effort particulier, puisqu’il s’agit seulement d’émettre un message et d’imaginer qu’il est reçu avec bienveillance.

Troisième étape : recevoir et interpréter le message de l’animal

Pour recevoir la réponse de l’animal, la personne qui communique avec lui doit tourner son attention à l’intérieur d’elle-même et observer silencieusement ce qu’elle ressent ou ce qui lui vient à l’esprit. En aucun cas, il ne doit s’agir d’une démarche volontaire consistant à imaginer la réponse que l’animal pourrait faire. Cette écoute passive de ses ressentis, de ses sensations, peut durer un certain temps et la réponse de l’animal peut revêtir, indépendamment du mode choisi pour l’émission d’une question, différentes formes : sous forme de pensées, la personne qui est entrée en contact avec l’animal « entend » une pensée comme s’il s’agissait de sa propre voix (en réalité, il s’agit de son mental qui décode le message de l’animal sous une forme compréhensible par lui) ou bien la réponse s’impose à elle de manière intuitive et spontanée comme une évidence et une certitude ; sous forme d’images, la personne « reçoit » dans son esprit une image (plus ou moins nette et fugitive) qui ne lui appartient visiblement pas mais qui correspond à la question posée ; ou bien sous forme de sensations et de sentiments, qui répondent à une question précise (par exemple : « où as-tu mal ? », en se manifestant par l’impression de tensions physiques localisées) ou qui indiquent dans quel état émotionnel se trouve l’animal (joie, tristesse, angoisse…) ou bien simplement qui expriment tout l’amour dont un animal est capable à l’égard de son compagnon humain… Comme toute forme d’entretien, la communication avec les animaux s’établit dans le respect de l’autre et s’achève de la même manière : il ne suffit pas de poser des questions et d’ « écouter » les réponses. Il faut non seulement remercier l’animal d’avoir bien voulu coopérer, mais également lui expliquer le « pourquoi » de ces questions.

La personne qui communique avec l’animal se doit d’accepter ce qu’elle reçoit sans a priori et s’efforcer d’interpréter, et non d’analyser, le(s) message(s) en tenant compte de chacune des informations reçues et en traduisant tout ce qu’elle a ressenti sur l’instant. Plus elle écoutera ses ressentis, plus elle se fera confiance, plus l’interprétation pourra être précise et proche de l’intention que l’animal a mis dans sa réponse. Il est important de préciser que cette interprétation ne peut être « juste » à cent pour cent, car même en étant bien centrée et en se vidant le plus possible de qui il est, l’être humain n’est pas – et c’est heureux – un canal neutre.

Le témoignage de Sophie Perron

On trouve aujourd’hui en France un certain nombre de personnes qui, formées aux techniques de la communication intuitive avec les animaux, proposent leurs services en tant qu’« interprètes animaliers » (le « pet psychic », « pet communicator » ou encore « animal communicator » des anglophones). C’est le cas de Sophie Perron qui exerce avec amour et respect le métier de « secrétaire des animaux ». Sur son site « 2 Cœur à Cœur – Communication par le cœur », elle nous offre, au travers de son expérience, sa vision de la communication intuitive avec les animaux.

Sophie a toujours trouvé naturel de communiquer avec les animaux qui l’entourent depuis son enfance en Afrique. C’est ainsi que sitôt rentrée de l’école, elle racontait à son berger allemand le détail de ses journées au même titre qu’elle pouvait le faire avec les autres membres de sa famille. Mais c’est bien plus tard, au fil des expériences et des épreuves de la vie, que Sophie prit réellement conscience du rôle tenu par ses compagnons de vie et de l’importance des messages que les animaux peuvent avoir à délivrer.

Lorsque Boss, un braque hongrois qui occupait une place particulière dans sa vie puisqu’il était comme son enfant, mourut d’une aspergillose à l’âge de 3 ans, Sophie fut plongée dans une détresse d’une profondeur insoupçonnable. Elle, mais également sa famille animale qui fut touchée par ce décès aussi incompréhensible que brutal. Aussi quand, en 2006, une cliente suisse lui parla de communication avec les animaux en tant que pratique très répandue en particulier avec les chevaux, Sophie entrevit une solution aux différents problèmes qu’elle devait gérer au quotidien; incompatibilité et rivalité entre ses deux chats mâles et une chienne, braque hongrois elle aussi, avec laquelle l’entente chat-chien était parfois houleuse.

Mettre en place un protocole dit « d’incompatibilité d’humeur entre deux mâles » sur les conseils de son vétérinaire, ne s’avéra en effet pas suffisant. Incapable d’envisager de se séparer de l’un des deux chats, Sophie entra en contact avec une spécialiste de la communication animale qui l’aida à comprendre et à dénouer peu à peu tous les conflits existant entre les membres de sa famille animale. C’est ainsi qu’elle découvrit comment Caramel, son chat, qui n’avait pas encore fait le deuil de Boss avec lequel il s’entendait très bien, n’avait pas accepté l’intrusion sur son territoire de deux nouveaux compagnons imposés par Sophie (ce que cette dernière était très loin de soupçonner), comment Boss contracta l’aspergillose en mangeant des fruits avariés dans un champ, comment les deux chats étaient d’accord pour s’entendre à condition qu’ils aient chacun un territoire bien délimité, à quel point la chienne Belle avait trouvé le bonheur auprès d’eux après une première adoption qui s’était mal passée, et finalement comment Titou, le jeune mâle s’était empoisonné en mangeant de l’anti-limace dans un jardin voisin…

La corrélation entre ses problèmes professionnels et le décès accidentel de Boss, puis les empoisonnements successifs de certains membres de sa famille animale, finirent par alerter Sophie qui choisit d’abandonner une carrière dans l’hôtellerie-restauration qui ne lui correspondait plus. Le chemin vers la compréhension totale de cette interaction entre ce qui « empoisonnait » sa vie et les décès par intoxication de ses compagnons amena Sophie à se redéfinir elle-même au travers du développement personnel puis à redéfinir le rôle de sa famille animale dans sa vie.

Après plusieurs stages auprès de communicatrices avec les animaux, telles que Dorothée Philippe ou Brigitte Ballard, complétés par des soins énergétiques tels que le Reiki et le Quantum Touch qu’elle utilise pour mieux aider les animaux en mal-être, Sophie réorienta totalement sa vie professionnelle et se consacre depuis entièrement aux animaux qu’elle aime tant et qu’elle comprend si bien. « Aujourd’hui, ils m’aident tous les jours, à vivre le moment présent, à savoir aussi m’amuser, et à m’occuper d’eux pour leur apporter bien-être et plaisir, sachant que la vie est courte… Elle l’est pour nous, humains, mais encore plus pour eux… » résume-t-elle sur son site.

La complémentarité de cette double formation est indispensable aux yeux de Sophie: les messages sont là pour comprendre la problématique, les soins pour réharmoniser les liens énergétiques entre le maître et son compagnon. Puisqu’il s’agit bien de cela et de rien d’autre pour elle: la communication intuitive avec l’animal n’a rien à voir avec du comportementalisme ou de l’éducation, elle est un complément aux soins vétérinaires pour mieux appréhender l’Animal dans son ensemble (ses désirs, ses émotions ou encore les messages qu’il souhaite transmettre).

Et si la vie de l’animal auprès de nous ressemble parfois à un parcours du combattant, il ne tient qu’à nous de l’écouter pour apporter les modifications nécessaires à son bien-être comme au nôtre, bref de mieux vivre ensemble. Car, comme Sophie aime à le rappeler, « l’Animal n’est pas auprès de nous par hasard ! […] Tout Animal a sa raison d’ETRE… Les animaux sont là pour aider les humains, les aider aussi à grandir. » Et à apprendre. Faire évoluer notre conscience pour tendre vers une vie meilleure pour tous, humains et non humains…

(Avec l’aimable autorisation de Mme Sophie Perron)

Aujourd’hui, en France et ailleurs…

La communication intuitive avec les animaux est une pratique qui se développe de plus en plus en France. Certains interprètes animaliers se spécialisent dans le soin aux animaux, d’autres dans l’aide psychologique, la recherche des animaux disparus ou bien le deuil de l’animal de compagnie… Lors de son enquête publiée en 2007, le journaliste de Psychologies magazine Érik Pigani, auteur de plus de trente livres d’enquêtes et de développement personnel, donne une liste d’une trentaine d’interprètes animaliers connus basés pour la plupart aux Etats-Unis, en Allemagne, en Suisse et au Canada.

C.V.

Pour aller plus loin, quelques références :

Bibliographie non exhaustive :

  • Article de Sophie Perron « La Communication Intuitive avec les Animaux » paru dans le n°4 du magazine Animaux Bonheur
  • « Communication Intuitive Rencontre avec le Monde Animal » d’Anna Evans
  • « Communiquer avec les animaux » de Laila Del Monte
  • « La connexion perdue : Retrouver la communication intuitive avec les animaux et la nature » de Marta Williams
  • « Communication intuitive avec le monde animal » de Souryami Godart
  • « L’effet Mowgli – ou comment dialoguer avec les animaux » de Jean-Luc Janiszewski
  • « La communication animale » d’Erik Pigan
  • « Parlez aux animaux » de Pénélope Smit
  • « Des bêtes et des hommes » de J. Allen Boon
  • « La conscience de la Nature » d’Alessandra Moro Buronzo et Stéphane Allix
  • Pour une approche plus littéraire du sujet : « Communication subtile avec les animaux » de Marie-Louise Vidal de Fonsec
  •  Pour une approche plus scientifique du sujet : « Les pouvoirs inexpliqués des animaux – Pressentiment et télépathie chez les animaux sauvages et domestiques » de Rupert Sheldrake
  • Pour une approche plus ésotérique du sujet : « Le Peuple Animal » de Anne et Daniel Meurois-Givaudan
  • Et pour une approche plus thérapeutique : « Autisme et zoothérapie – Communication et apprentissages par la médiation animale » de François Beiger et Aurélie Jean

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