CE QUE NOS BESOINS ET NOS ENVIES ONT À NOUS APPRENDRE SUR NOUS MÊME

A quoi attachez-vous le plus d’importance ; à la satisfaction de vos besoins ou à celle de vos envies ? Les deux, êtes-vous peut-être tenté de répondre! Comme je vous comprends et vous rejoins!

Besoins et envies sont étroitement liés et participent conjointement à notre développement physique, émotionnel, mental et spirituel dans leur dimension respective. Néanmoins l’évocation de leurs noms ne sera pas associée aux mêmes pensées ni aux mêmes référents.
On aura tendance à associer le besoin au manque, à l’obligation, à la nécessité, à l’impératif, à l’utilité et l’envie au plaisir, au désir, aux sens, aux perceptions, à l’appétence, à la futilité parfois même au caprice.

Au quotidien nous avons tendance à employer besoins et envies sans distinction, mais il arrive parfois que pour « légitimer» certaines de nos envies nous tentions de les faire passer pour des besoins ! Ces petits arrangements avec notre conscience sont sans conséquence tant que nous savons les reconnaître. Car après tout l’envie n’est rien de plus qu’un besoin sublimé par le plaisir ! Il est important néanmoins de savoir déceler lorsque ces petits arrangements prennent un caractère répétitifs, car dans ce cas ces envies pourraient bien servir à masquer des besoins fondamentaux non satisfaits.

Un homme s’est longuement penché sur l’étude de la motivation, de la satisfaction et des besoins des êtres humains. Il s’agit d’Abraham Maslow1, un des pères de la psychologie humaniste du XXe siècle. Il a consigné le fruit d’une partie de ses travaux dans un outil qui  porte son nom, la Pyramide de Maslow².
Abraham Maslow a défini et hiérarchisé les besoins de l’être humain dans le monde occidental. Selon lui l’ascension permettant à l’individu d’intégrer le processus de développement le conduisant à l’accomplissement de soi,  ne peut se faire qu’en se hissant au sommet de la pyramide après avoir satisfait les besoins des paliers inférieurs, les uns après les autres.

Cette hiérarchisation et cette vision linéaire des besoins  peuvent être discutées. Si l’on considère ce que Maslow nomme  Besoins de sécurité (niveau 2), il suffit de regarder autour de soi pour observer le nombre de personnes pour lesquelles ce besoin n’est pas satisfait ; personnes sans domicile fixe, sans  emplois, sans ressources, sans accès aux soins. La majorité de ces personnes n’ont pas toujours vécu dans cette précarité, beaucoup s’y sont retrouvées suite à des circonstances de la Vie. Il est donc difficile de considérer pour acquis la satisfaction de nos besoins. Ne dit-on pas d’ailleurs que rien n’est jamais acquis, que nous ne possédons rien et que tout nous est prêté.
Ne peut-on par ailleurs imaginer qu’une personne privée de son emploi ne puisse conserver l’estime d’elle-même et se sentir utile aux autres (Besoins d’estime de soi – niveau 3) dans le milieu associatif par exemple, ou bien qu’elle puisse employer ses talents et sa créativité dans un projet qui deviendra peut-être la plus belle réalisation de sa Vie. Tout obstacle rencontré sur le chemin ne signifie pas qu’il faille renoncer à avancer.

La verticalité et le sens unique induits par la pyramide laissent à penser que le processus de développement de l’individu est inscrit dans un modèle unique d’évolution possible.
Pour en avoir fait personnellement l’expérience, je sais à quel point la perte d’une certaine forme de sécurité peut se révéler être une puissante force motrice, libératrice et révélatrice du potentiel qui est en chacun de nous, et réserver de belles surprises. Peut-être avez-vous eu vous aussi l’occasion de faire la même observation au travers de situations vécues.
Voici donc les principales raisons pour lesquelles je vous propose ici une version libre de la pyramide, dans laquelle les besoins sont interconnectés les uns aux autres, sans hiérarchie ni priorité. Vous observerez l’ajout d’un 6ème niveau de besoin, que je nomme besoin de Spiritualité et dont vous comprendrez tout le sens dans la lecture de ce qui suit.

Pyramide des Besoins inspirée de la Pyramide de Maslow

 

Les dessous cachés de nos envies.

Comme nous l’avons vu précédemment, la satisfaction de nos besoins s’accompagne quasi toujours d’une recherche de plaisir, de bien-être, de confort, d’esthétisme que nous désirons optimal et ceci, quelle que soit la nature des besoins.

Voici deux exemples simples pour illustrer le fait que besoins et envies ne sont ni inconciliables ni antinomiques, bien au contraire.
Lorsque nous satisfaisons un de nos besoins de survie qui est celui de s’alimenter, nous veillons en général à nous faire plaisir en choisissant des aliments que nous aimons, qui nous font envie et contribuent aussi à notre bonne santé. Besoin et envie sont ainsi simultanément satisfaits.
Prenons un second exemple et imaginons que vous ayez besoin de remplacer votre véhicule. Selon votre goût plus ou moins prononcé pour les voitures, vous pouvez être tenté de vous faire plaisir et de vous offrir le véhicule qui vous fait le plus envie sur le moment,  le dernier Porshe Cayenne par exemple ! Là encore le besoin est couvert et l’envie de vous faire plaisir est satisfaite dans le même temps.

L’observation de nos envies nous aide à comprendre nos besoins.

Imaginons à présent que vous n’ayez pas de passion particulière pour les voitures, mais avez bien conscience que dans notre société la voiture est un des signes extérieurs de reconnaissance sociale et d’appartenance à un milieu ou à un groupe parmi d’autres, et tant que tel il vous faut un véhicule qui répondent au standing du groupe auquel vous appartenez. En en respectant sescodes, vous renforcez ainsi l’appartenance à votre groupe, vous êtes reconnu comme un des leurs. Tout est parfait.
En apparence oui. Sauf que cela ne correspond pas du tout à qui vous êtes, ni à vos valeurs y compris  celle de l’argent. Intérieurement vous le savez  mais vous faites semblant de l’ignorer. Vous savez au fond de vous que ces signes d’appartenance et de reconnaissance ne vous enrichissent ni personnellement ni humainement, au contraire même ils vous coupent des relations et des choses simples et authentiques que vous avez toujours aimées. Vous détestez même cette idée de conformisme dans laquelle vous vous êtes un peu perdu.
Pendant longtemps vous avez mis ceci sous le tapis, et un jour un évènement de la Vie, une rencontre, une réflexion entendue, la lecture d’un livre, d’un article vient réveiller votre conscience. Et là, les questions commencent à affluer dans votre tête.

Qu’est-ce que je cherche à prouver et à qui ? Pourquoi ai-je besoin de me conformer à des codes qui ne sont pas les miens? Que se passera-t-il si demain ma situation ne me permet plus de répondre à ces codes d’appartenance ? Où irai-je chercher cette reconnaissance dont j’ai besoin ? Quelle est finalement ma vraie valeur ?

 

Il est plus facile d’éviter ces questions que de tenter d’y répondre, je vous l’accorde. Mais le jour où elles se présentent à vous, il devient difficile de les ignorer. On sent que quelque chose se met en place en place qui est de l’ordre de la prise de conscience.

Lever le voile sur nos vrais besoins.

Dans bien des cas et sans en avoir pleinement conscience nous cédons à des envies que l’on pourrait nommer envies-compensatoires. Ces envies nous maintiennent dans une forme d’illusion et de compensation, et pendant ce temps nous ne nous occupons pas d’apporter une réponse adaptée à nos vrais besoins, et pour cause nous n’y prêtons même pas attention.
Dans l’exemple cité, le véhicule de standing remplit parfaitement sa fonction ; il satisfait le besoin d’intégration sociale et d’appartenance à un groupe et en passant flatte l’ego. Il servira pour un temps de réponse, jusqu’à ce que la personne interpellée dans sa zone de confort, ouvre les yeux et accepte de voir que son vrai besoin se situe sur un autre plan ; celui de l’estime de soi. Ce besoin que tout être humain a de se sentir aimé pour ce qu’il est, et non pour son image, ou pour ce qu’il représente ou possède.

Malheureusement l’éducation que pour la plupart de nous avons reçue, nous enseigne le respect de certaines valeurs, mais ne nous apprend pas à découvrir et à respecter notre propre valeur. Comment donc avoir de l’estime pour quelqu’un dont je ne connais pas la valeur ? Le fait de ne pas savoir ce qui fait notre valeur,  de ne pas nous en donner, voire même  d’ignorer que l’on en a, n’efface pas pour autant le besoin d’estime de soi. Ce besoin est là bien présent, et faute de trouver en nous les réponses à lui apporter, nous allons les chercher à l’extérieur.

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière d’agir. Toute chose est telle qu’elle doit être à un moment donné, et chacun agit selon ce qu’il considère bon pour lui-même, et en fonction de ses possibilités du moment. Mon propos ici est juste de dire que le risque auquel nous nous exposons en ignorant nos vrais besoins ou en leur apportant des réponses inadaptées, est de laisser monter les enchères de nos envies. Car non satisfait comme il se doit, un besoin se rappellera toujours à nous jusqu’à ce que nous lui apportions une réponse adaptée.

A vivre dans l’ignorance ou le déni  de nos vrais besoins, on s’expose à se laisser dominer par ses envies, sans que celles-ci ne procurent la joie, le bien-être, l’amour, la paix, l’harmonie que l’on espère… Lire la suite www.enrichissezvotrevie.com

Danièle Péralez

 

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